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Livre d'or de la CONFEMEN

Ce document recueille les témoignages des personnalités ayant participé au 50 ans de la Conférence des Ministres de l'Education des pays ayant le Français en partage (CONFEMEN). Nous vous proposons de lire le témoignage de Charles Delorme, ainsi que le document ci-dessous dans son intégralité.

Violet  Les cérémonies du cinquantenaire de la CONFEMEN me donnent l’occasion d’exprimer un point de vue sur cette importante institution, j’en suis honoré.

Depuis de nombreuses années, en effet, je fréquente la CONFEMEN et, d’une certaine façon, j’ai pu bénéficier de ses travaux et réflexions avant de pouvoir moi même apporter quelques contributions.

Les questions, nombreuses et préoccupantes d’éducation en Afrique nécessitent des lieux de rencon-

tres, de débats, où peuvent s’élaborer une pensée, se construire des stratégies et se définir une politique solidaire.

Or, il apparaît que la CONFEMEN, quelles que soient les variations repérables dans tout système, a développé un parcours particulièrement significatif, en tout cas révélateur des problématiques des contextes et des époques traversées.

Cela peut nous aider à lire et à comprendre ces transformations, parfois les immobilismes et les régressions mais surtout de mieux distinguer les points d’appui et les issues aux différentes questions posées pour de nouveaux développements éducatifs.

Je me limiterai ici à l’époque récente, celle du Secrétaire Général BOUGOUMA NGOM, puis, celle de Madame HIMA Adiza dont le mandat se termine à cette date historique du cinquantenaire.

Nous pouvons dire que la CONFEMEN a été présente dans les étapes de transformation difficile, voire de rupture, du système éducatif « de l’école primaire » issue du système colonial, vers l’École de base, voire, selon les appellations, l’École fondamentale.

Le document* sur l’Éducation de base : vers une nouvelle école, a constitué l’aboutissement de différents travaux de la CONFEMEN sur cette question délicate mais aussi la référence pour de nouvelles orientations. Cette production reste aujourd’hui une référence pour comprendre les mutations en cours.

Par ailleurs, parmi les interrogations concernant cette refondation de l’école, la place de la langue française a été fréquemment examinée. Les interactions avec l’OIF permettent d’installer une recherche nécessaire dans la longue durée.

L’occasion de traiter la problématique des langues nationales et de la langue française permet de poser différemment la question centrale des apprentissages fondamentaux des élèves. Sans doute, reste- t-il encore de nombreuses études à mener pour pouvoir proposer dans la classe des modèles ou des démarches efficaces et suffisamment validées.

Les travaux concernant l’Approche par les Compétences sont d’actualité et connaissent, aujourd’hui encore, de l’intérêt pour favoriser une meilleure approche curriculaire, occasion de refondation des systèmes éducatifs et une meilleure écriture des programmes.

Là encore, les travaux de la CONFEMEN, doivent se renforcer et permettre non seulement la rencontre entre les experts et les concepteurs de programmes, mais aussi des éclairages significatifs pour une aide à la décision par des différents Ministres de l’Éducation. Nous rappelons que la CONFEMEN, par l’autorité morale et intellectuelle qui lui est reconnue, devrait encore davantage développer des propositions, voire des prises de positions. Celles-ci pourraient servir de référence et de repère aux experts et aux promoteurs de l’Approche par les Compétences.

Il serait même possible que la CONFEMEN puisse formuler sur ce sujet, une sorte de « dénominateur commun », à partir de quelques concepts, facilitant ensuite la variété et la créativité de chacun. Les risques sont nombreux de subir les effets de mode en Éducation pour peu qu’aujourd’hui, sous l’effet de contraintes économiques et de pressions marchandes, il soit difficile de choisir, avec discernement, les médias pédagogiques et les outils adaptés au contexte de chaque pays. La CONFEMEN devrait favoriser précisément un « langage commun », condition à la mutualisation des ressources, leur mise en synergie mais aussi la reconnaissance dialectique des différences culturelles.

Ces dernières années, la Secrétaire générale, Madame HIMA Adiza a engagé la concertation et favorisé le démarrage de ce travail. Qu’elle en soit vivement remerciée pour cette contribution qui nécessitera sans aucun doute des développements ultérieurs dans les prochaines années.

Occasion de concertation et de rencontre, fonction de coordination et de régulation, la CONFEMEN devra développer toujours et encore, cette mission de dialogue et de compréhension, peut-être d’arbitrage, pour que se développe de façon renouvelée des actions, au service des élèves et des enseignants des systèmes éducatifs concernés. C’est un beau défi à relever !


Education de base : Vers une nouvelle école

CONFEMEN 1995



Article écrit par Charles DELORME 

Charles Delorme


Directeur - aide au pilotage de réformes et à la définition de stratégies d’innovations et de changement en Afrique francophone, spécialiste de l’analyse et de l’amélioration des curricula, expert en ingénierie de la formation initiale et continue, management des équipes et des établissements scolaires et de formation initiale et continue.


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